Le Département d’État américain a exprimé sa préoccupation après que les législateurs du Togo ont approuvé, vendredi, des changements constitutionnels susceptibles de prolonger les 19 ans de règne du président Faure Gnassingbé.
Le Bureau américain des affaires africaines déclare que les États-Unis sont profondément préoccupés par le fait que les changements ont été approuvés “sans que le texte ne soit rendu public auprès du peuple togolais”.
“Nous exhortons le gouvernement à permettre un débat ouvert et informé, à assurer l’inclusivité et la transparence, et à respecter le droit à la liberté de réunion pacifique”, ajoutent-ils.
Dans un communiqué, la coalition de l’opposition Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et d’autres signataires ont déclaré que les changements, relatifs aux limites de mandat présidentiel et à la manière dont les présidents sont élus, étaient une manœuvre politique visant à permettre à Gnassingbé de prolonger son mandat à vie.
“Ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier est un coup d’État”, ont-ils déclaré, notant que le texte n’avait pas été rendu public et réitérant les appels à la mobilisation de la population contre ces changements constitutionnels.
Lors du vote de vendredi, les députés ont approuvé à l’unanimité un texte modifié selon lequel le président ne sera plus élu par suffrage universel, mais par les membres du parlement. Les amendements introduisent également un système de gouvernement parlementaire et réduisent la durée des mandats présidentiels à quatre ans au lieu de cinq, avec une limite de deux mandats.
Les changements ne tiennent pas compte du temps déjà passé au pouvoir, ce qui pourrait permettre à Gnassingbé de rester au pouvoir jusqu’en 2033 s’il est réélu en 2025. Un scénario très probable étant donné que son parti contrôle le parlement au Togo, où le père et prédécesseur de Faure Gnassingbé a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1967.
